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Coopération Bilaterale

Coopération entre les Pays-Bas et le Burkina Faso : ça roule !

Historique de la coopération néerlandaise pour le développement du Burkina Faso
La relation bilatérale de développement entre les Pays-Bas et le Burkina Faso a commencé il y a plus d’un quart de siècle. Au début, il s’agissait surtout de l’aide d’urgence pour combattre les conséquences néfastes de la sécheresse dans le Sahel, mais cette dernière s’est transformée en une coopération structurelle durable dans de nombreux domaines : développement de l’agriculture, enseignement primaire et supérieur, santé publique, eau potable et assainissement, infrastructures, environnement, etc. Pour éviter la dispersion des efforts et pour augmenter l’efficacité de l'assistance, cette coopération est actuellement centrée sur deux secteurs: (i) santé/ lutte contre le SIDA et (ii) éducation de base. En plus, les Pays-Bas appuient des thèmes transversaux comme la bonne gouvernance, le genre et la décentralisation locale. Entre un tiers et la moitié des fonds disponibles annuellement sont décaissés sous forme d’un appui direct au budget national. En 2004, l’enveloppe totale octroyée s'élevait à environ 25 milliards de FCFA.

Principes de la coopération

Le Burkina Faso est choisi comme pays partenaire des Pays-Bas parce qu’il satisfait à nos critères de sélection : il appartient au groupe de pays les plus pauvres du monde, le gouvernement conduit une bonne politique macro-économique et la gouvernance est considérée suffisamment bonne. L’objectif de la coopération pour le développement entre les Pays-Bas et le Burkina Faso est la lutte contre la pauvreté par des interventions conformes à l’approche sectorielle dans les secteurs santé et éducation de base. Par cette approche, qui consiste en un processus méthodique et progressif, on aspire finalement à un financement "panier" de la réalisation des politiques intégrées burkinabè dans les secteurs indiqués, de préférence par le budget de l’Etat, lié à un dialogue technique et financier de manière active avec le gouvernement et la société civile, en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers (PTF). La responsabilité du gouvernement et de la population pour le développement du Burkina Faso est soulignée. Depuis quelques années, le nombre de conseillers techniques néerlandais  a fortement diminué.

Les Pays-Bas attachent une importance particulière à une bonne coordination des interventions de développement, de préférence sous le leadership du Burkina, comme à une harmonisation des procédures entre les PTF et un alignement maximum aux stratégies et procédures de l’Etat. L’Ambassade consacre tout le temps et l'énergie nécessaires pour promouvoir ces processus. Toutes nos activités font partie du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté.

Coopération dans le contexte de la bonne gouvernance

Les Pays-Bas cherchent à appuyer l’amélioration de la qualité de la gouvernance politique et la promotion du respect des droits de l’homme au Burkina Faso, des thèmes qui font partie intégrale de toutes nos activités dans le domaine de la coopération au développement. Généralement, ces activités sont mises en œuvre en collaboration directe avec le gouvernement, mais l’ambassade appuie aussi des organisations non gouvernementales qui luttent pour un meilleur respect des droits de l’homme, pour une plus grande liberté de presse, contre la corruption, contre la pratique de l’excision, etc.

Un autre thème auquel l’ambassade porte une attention particulière, est la bonne gouvernance locale et la décentralisation. Un grand défi de la décentralisation est sa mise en œuvre ainsi que celle du processus concomitant, la déconcentration. Il reste beaucoup à faire par l’état burkinabè qui doit prendre des mesures vigoureuses pour que l’objectif final soit atteint : la démocratie à la base et le développement local, mais aussi par la population elle-même, qui a un rôle actif à jouer. Pour les Pays-Bas, cela a signifié que l’accent est maintenant mis sur la mise en œuvre, notamment dans les deux secteurs prioritaires de coopération, mais aussi au niveau local. Les expériences acquises pendant les années passées dans le domaine du développement rural, à travers les Programmes de Développement Local dans cinq provinces (le renforcement des CVGT et l’outil du Fonds de Développement Local), peuvent servir pour accompagner la population dans ce processus. Une attention particulière sera donnée à la synergie entre le thème décentralisation et les actions déconcentrées des programmes sectoriels, notamment l’éducation de base et la santé.

Quant à la promotion de la bonne gouvernance économique, les Pays-Bas considèrent qu'une gestion transparente et efficace des finances publiques est primordiale pour une bonne exécution de la lutte contre la pauvreté et attachent une importance particulière au Plan de Renforcement de la Gestion Budgétaire. Pour aider le gouvernement à équilibrer son budget annuel, un appui sous forme d’aide budgétaire non ciblée est attribué chaque année, à condition que la politique macro-économique du gouvernement reste bonne et que les progrès avec la mise en œuvre du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté soient suffisants. Pour apprécier ces progrès, on cherche à utiliser le dispositif de suivi du gouvernement. L’appréciation est faite en collaboration étroite avec les autres partenaires pour éviter que le gouvernement ne reçoive des signaux contradictoires et pour alléger ses tâches de coordination. Finalement, dans le volet de la bonne gouvernance économique, les Pays-Bas accordent une importance spécifique aux instruments de micro-crédit et surtout à la question d’une bonne accessibilité de ces instruments pour les populations les moins favorisées et pour les femmes.

Un thème spécifique de bonne gouvernance est le genre. Comme toutes les sociétés, la société burkinabè connaît aussi des inégalités entre hommes et femmes, des inégalités qui s’expriment en général au détriment des femmes. Un manque d’attention pour les questions genre bloque une approche efficace permettant de résoudre des problèmes et il touche ainsi aussi bien les hommes que les femmes. Des exemples sont l’accès inégal des femmes aux ressources comme la terre, le crédit, la technologie, ainsi qu’aux bénéfices de leurs travaux. Les femmes sont sous-représentées au sein de l’Assemblée et dans les autres institutions de décision, tant au niveau national qu’au niveau local. Leur niveau de scolarisation et d’alphabétisation est plus bas que celui des hommes et la mortalité maternelle reste très élevée. En plus, il existe des pratiques ou des idées traditionnelles comme l’excision, les mariages précoces, la violence domestique, la subordination des femmes, la sorcellerie, qui ont toutes un effet néfaste sur les femmes. Les Pays-Bas s’efforcent d’appuyer le gouvernement et la société civile pour diminuer ces inégalités et rendre la société burkinabè plus juste pour les hommes et les femmes. Les Pays-Bas entretiennent également une collaboration profonde et efficace avec les PTF dans ce domaine.

Coopération dans les deux secteurs prioritaires

1. Education de base

L’objectif à long terme dans le secteur de l’éducation de base est l’amélioration de l’accès et de la qualité de l’éducation de base, tant formelle que non formelle, à travers la mise en œuvre du Plan Décennal de Développement de l’Education de base (PDDEB), visant une scolarisation de qualité pour tous les enfants en 2015. Depuis 2001, les Pays-Bas donnent un appui non ciblé à la mise en œuvre du Plan Décennal, en collaboration avec d’autres partenaires. Le nombre croissant d'élèves sortant du primaire, un résultat concret du PDDEB, a amené les Pays-Bas à considérer un appui à l’enseignement post-primaire avec un accent porté sur la formation professionnelle et l’insertion des jeunes dans l’économie.

Les Pays-Bas sont également étroitement impliqués dans des activités innovatrices qui aspirent à une amélioration qualitative de l’apprentissage. Il s’agit notamment des programmes orientés sur l’éducation bilingue, une pédagogie qui utilise les langues locales comme langue d’instruction, à côté du français. Cette approche est fortement appuyée par le MEBA. De plus, un effort particulier est mis sur l’alphabétisation des adultes, avec un accent particulier sur les femmes. L’Ambassade siège dans le Conseil d’Administration du Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle, qui soutient les initiatives des ONG dans le cadre de l’alphabétisation.

2. Santé et lutte contre le SIDA

Les objectifs à long terme sont l’amélioration de la situation de la santé de la population et la réduction de la transmission et de l’impact du VIH/SIDA.

Les Pays-Bas ont apporté une contribution à la formulation de la politique sanitaire nationale (PSN) et de la politique nationale de développement sanitaire (PNDS), qui ont été adoptées par le Conseil des Ministres, l'été 2001. Les objectifs des ces documents sont en train d’être mis en œuvre selon une approche sectorielle avec l’appui des Pays Bas, dans la forme financement et appui technique, et participation aux discussions de développement des stratégies et politiques de mise en œuvre les plus appropriées.

Le renforcement de capacité du secteur de la santé est un aspect important et inclut la gestion technique des problèmes de ‘santé publique’ et aussi administrative tant au niveau central qu’au niveau déconcentré. L’appui à la direction d’études et de la planification pour son renforcement est inclus au niveau central. Le financement des districts sanitaires et directions régionales de la santé, cofinancé avec la coopération suédoise et la Banque Mondiale, est étendu sur tout le territoire et soutient le planning intégré par les structures opérationnelles, visant une gestion basée sur la performance. Dans le cadre de ce financement, les appuis sont focalisés sur des activités des services de santé préventive et curative, telles que celles visant la santé de l’enfant y inclus la vaccination et la nutrition, la santé de la reproduction, la lutte contre des maladies endémiques et épidemiques, y inclus le VIH/SIDA, etc. Les financements des Pays Bas se transforment donc peu à peu en un financement sectoriel/général.

Les Pays-Bas contribuent également activement à la formulation du cadre stratégique (CSLS 2006-2010). Les activités financées au cours de l’année 2005 (et partiellement après) par les Pays-Bas dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA sont un appui institutionnel au Secrétariat Permanent du Conseil National (SP/CNLS), cofinancé par la coopération danoise, un nouveau financement du secrétariat permanent pour les plans d’action d’associations/ONGs burkinabè et un programme de lutte au niveau de 4 provinces par une ONG nationale. L’ambassade envisage aboutir à un co-financement du CSLS 2006-2010, ou de certains volets majeurs de ce cadre, avec plusieurs partenaires.

Link: Holland.com
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