Si « Sinterklaas » est l'ami public numéro 1 aux Pays-Bas, Saint Nicolas - patron non seulement des écoliers, mais aussi de la Russie, des gens de mer et des filles à
marier - prodigue aussi ses bienfaits dans d'autres pays, même si le mythe qui entoure le personnage y revêt souvent d'autres formes.
En Belgique
En Belgique et dans le nord et l'est de la France, Saint Nicolas, monté sur un âne, accompagné du père Fouettard, apporte aux enfants jouets et friandises dans la nuit du 5 au 6 décembre. Le 6 au matin, jour anniversaire de la mort de l'évêque de Myre, les enfants émerveillés découvrent dans leurs « petits souliers » - selon les termes d'une chanson enfantine célèbre -, posés la veille devant la cheminée, les cadeaux que le bon saint leur a apportés.
Saint Nicolas ayant pour mission de récompenser les enfants sages, la mythologie populaire a inventé le personnage du père Fouettard, muni de verges ou d'un martinet pour punir les enfants désobéissants, la pire des punitions qu'il puisse leur infliger étant de les emporter avec lui, ce qui le place dans la grande famille des croquemitaines. Le père Fouettard a le visage couvert de suie - puisqu'il passe par la cheminée ! -, ce qui l'apparente au « Zwarte Piet » des Néerlandais, le serviteur maure qui accompagne chaque année Sinterklaas, venu d'Espagne.
En Allemagne
En Allemagne aussi, la présence de Saint Nicolas est ancienne : Luther fait état de son passage dans un écrit datant de 1535. Mais la Réforme entraîna la disparition de cette tradition dans tout le nord de l'Allemagne ; dans l'Allemagne du Sud et en Autriche, Saint Nicolas continua ses visites annuelles.
Aux États-Unis
Le « grand rival » de Saint Nicolas est le Père Noël, qui n'est du reste qu'une déformation historique de Saint Nicolas. Le Père Noël que nous connaissons en Europe nous est venu des États-Unis, qui sembleraient l'avoir créé par une métamorphose de Saint Nicolas. En effet, les colons hollandais qui ont fondé la Nouvelle-Amsterdam (Nieuw Amsterdam) avaient emporté dans leurs bagages Saint Nicolas (Sint Nicolaas ou Sinterklaas), à qui ils dédièrent leur première église. Par la suite, les Anglais ayant supplanté les Hollandais, Nieuw-Amsterdam devint New York, et Sinterklaas Santa Claus.
Cette transformation serait due à un professeur de littérature qui avait écrit au début du XIXe siècle un poème dans lequel il décrivait Saint Nicolas avec les attributs de ce qui allait devenir le Père Noël (traîneau tiré par des rennes, vêtements de fourrure, barbe blanche, pipe entre les dents) L'évêque de Myre, grand dispensateur de cadeaux, s'était mué en un bienfaiteur qui satisfaisait toutes les communautés dans l'Amérique du XIXe siècle : les Allemands y retrouvaient leur Weinachtsmann, les Hollandais leur Sinterklaas, les Alsaciens et les Suisses allemands leur Chrischkindl.
Au XXe siècle, le prestige des États-Unis en Europe fit tout naturellement adopter la tradition de Santa Claus, rebaptisé Père Noël. Petit à petit, ce ne fut plus le petit Jésus qui apportait les cadeaux à Noël, mais le Père Noël. Du reste, les Français avaient adopté la fête de Noël pour la distribution des cadeaux aux enfants à cause du décalage qui a existé jusqu'au XVIIIe siècle entre calendrier julien et calendrier grégorien, dans lequel saint Nicolas - toujours lui ! - était fêté à peu près à la date de Noël.